THE SPY IN BLACK. (L'espion noir).
Grande-Bretagne. Réal. : Michael Powell. Prod.: Harefield. Prés. par: Alexander Korda. Prod. exéc. : Irving Azhar. Scén. : Emeric Pressburger, d'après l'adaptation de Roland Pertwee d'un roman de J. Storer Clouston. Dir. photo. : Bernard Browne. Mont. sup. : William Hombeck. Mont. : Hugh Stewart. Mont. ass.: Frederick Pusey. Mus. : Mikios Rozza. Dir. mus. : Muir Mathieson. Son : A.W. Watkins.
| Int. : Conrad Veidt (Capitaine
Hardt), Valerie Hobson (linstitutrice), Sebastien
Shaw (Lieutenant Ashington), Marius Goring (Lieutenant
Schuster), June Duprez (Anne Burnett), Athole
Stewart (Le révérend Hector Matthews), Helen
Haye (Mme Sedley), Cyril Raymond (Le révér.
John Harris), Hay Patrie (Ingénieur), Grant
Sutherland (Bob Bratt), Robert Rendel (Amiral),
Mary Morris (Chauffeuse), George Summers (Capitaine
Ratter), Margaret Moffatt (Kate), Kenneth
Warrington (Cdr Denis), Torin Thatcher (Officier sous-marin),
Bernard Miles, Esme Cannon, Skelton Knaggs. Durée : 82 mn. prés. : 15 mars. Sort. G B. : 12 août. Dist. GB/US : Columbia. Sort. US : 7 octobre. Titre US : U BOAT 29. Sort. France : juin 46. Dist. France : Films Cristal. Première guerre mondiale. Hardt, capitaine d'un sous-marin allemand, est envoyé à Scapa Flow, au nord de l'Ecosse, pour observer la flotte de guerre britannique et préparer sa destruction. Hébergé par l'institutrice du village, espionne allemande, il s'éprend d'elle mais comprend vite qu'il est pris dans un piège : elle et son mari Ashington sont des agents doubles ! Il fuit déguisé en pasteur, garde une attitude chevaleresque et meurt héroïquement. "The Spy in Black a été fait quatorze ans après Mare nostrum. Il y a d'énormes similitudes entre ces deux films, dans l'atmosphère et la manière de diriger les acteurs. Un jeune metteur en scène n'oublie jamais son maître. On ne commence jamais sans un modèle. |
![]() |
The Spy in Black est un film plein d'atmosphère, celle des îles Orkneys, à trente kilomètres au nord de l'Ecosse. Il y a une grande rade où l'on peut mettre toute la flotte anglaise, comme dans le film. C'était le premier film où j'avais un peu d'argent à dépenser, Je connaissais bien l'endroit, près des Shetlands. Je connais très bien l'Ecosse.
J'ai expliqué à Vincent Korda, frère d'Alexandre, qui était décorateur : il faut avoir des décors très petits et très primitifs pour faire paraître les acteurs plus grands. Un architecte n'aurait pas compris mais puisqu'il était peintre, il a tout de suite compris. Alors on a fait des décors plus petits pour faire ressortir ce grand Veidt.
![]() |
C'est le premier film en association
avec Emeric Pressburger. Nous avons dit à Korda : nous
voulons travailler avec les deux acteurs. J'avais
remarqué que Veidt, qui avait fait plusieurs films en
anglais, personne ne le comprenait. Quand il faisait une
faute, on n'osait pas lui dire, il était tellement...
(mimique). Mais moi je n'avais pas peur. Je lui ai dit
tout de suite : "Je veux surveiller tous vos
dialogues et je vais vous dire quand je ne peux pas vous
comprendre, j'ai vu Under the red robe avec
vous, pas compris un mot ! " Il m'a
regardé comme ça, avec son monocle... Nous nous sommes enfermés, Veidt, Hobson, Pressburger et moi dans une chambre où nous avons écrit le dialogue en quinze jours. J'avais toujours l'impression depuis l'âge de vingt ans que je pouvais faire de la mise en scène beaucoup mieux que tout autre et je n'hésitais pas à le dire ! Je n'étais pas intimidé par Veidt : j'ai travaillé avec de grands acteurs depuis le commencement. Le cinéma anglais, je m'en foutais ; je travaillais dans le cinéma international : en France, avec des Américains, avec des Français, Léonce Perret, des gens comme ça. Ou Feyder pour qui j'ai fait des stills dans Carmen. J'admirais beaucoup Veidt, seulement il ne pouvait pas parler anglais, c'était à moi de l'instruire. (Michael Powell) |
The Spy in Black marked the first collaboration between director Powell and screenwriter Pressburger, who were brought together by mogul Alexander Korda to develop a suitable vehicle for well- known German actor Conrad Veidt. The result was this wonderfully atmospheric Hitchcockian spy thriller, "conceived as a virtual homage to German expressionist cinema" (Roy Armes), with Veidt as a shadowy German U-Boat captain who slinks off his submarine and enters Scotland on an anti-British espionage mission during World War I. Valerie Hobson co-stars as the beautiful schoolmistress who is his on-shore contact.
The film was released a mere three weeks before the outbreak of World War II, and proved a huge hit in Britain, despite its sympathetic treatment of the German protagonist. "It seemed unlikely that, as war drew near, Powell and Pressburger would choose to explore the German personality, but this was absolutely characteristic of the perverse originality they cultivated"(David Thomson). "Extraordinarily atmospheric. . . Daringly, the audience is asked to sympathise with the ?enemy'. . . Intrigue, uncertainty and confused loyalties build to a bitter, ironic climax, and along the way Powell effortlessly produces more memorable shots and scenes than can be found in a dozen contemporary films" (Chris Petit, Time Out).