THE RED SHOES (Les chaussons rouges).
Grande-Bretagne. Réal./Prod./Scén. : Michael Powell, Emeric Pressburger à partir d'un conte de Hans Anderson. Cie de prod.: The Archers. J. Arthur Rank Organisation. Asst. prod. : George Busby. Adapt. dial. : Michael Powell, Emevie Pressburger. Photo : Jack Cardiff. Coul. : Technicolor. Opér. cam. : Christopher Challia. Eff. spéc. F. George Dunn, D. Hague. Mont. : Reginald Mille. Déc./Cost. Hein Heckroth. Dir. art. : Arthur Lawson. Mus. : Brian Easdale (enregistrée par le London Philarmonic Orchestra ; dir. : Sir Thomas Beecham). Mus. swing : Kenny Baker, de l'orchestre Ted Heath. Chanteuse : Margherita Grandi. Chorég. : Robert Holpinann. Danseur : Alan Carter (aussi maître de ballet asst.). Son : Charles Poulton.
Int. : Marius Goring (Julian Craster), Anton Walbrook (Boris Lermontov), Moira Shearer (Victoria Page), Jean Short (Terry), Gordon littman (Ike), Julie Long (ballerine), Bill Shine (partenaire ballerine), Leonid Massine (Ljubov), Austin Trevor (Professeur Palmer), Esmond Knight (Livy), Eric Berry (Dimitri), Irene Brown (Lady Neston), Ludmilla Tchérina (Boronskaja), Jerry Verno (gardien entrée des artistes), Robert Helpmann (Ivan Boleslawsky), Albert Basserman (Ratov), Derek Elphinstone (Lord Oldham), Madame Rambert (elle-même), Joy Rawlins (Gladys, amie de Victoria), Marcel Poncin (M. Boudin), Michel Bazalgette (M. Rideaut), Yvonne André (habilleuse de Victoria), Hay Patrie (Boisson), George Woodbridge (portier).
Durée 133 mn. Prés. 20 juillet. Sort. GB : 6 septembre. Dist. GB GFD. Sort. US 111 octobre 1951. Dist. US : Universel. Sort. France : juin 1949. Dist. : Pathé-Consortium Cinéma.
Lermontov dirige une troupe de ballet. Il engage une danseuse, Vicky Page, et un jeune compositeur, Julian Craster. Tyran admiré et détesté à la fois, il va tenter d'obliger Vicky à tout sacrifier à la danse, même son amour pour Julian. Vicky tombe sous l'emprise de Lermontov. Elle s'identifie ainsi aux ' Chaussons Rouges', ballet dont elle est la vedette et où l'héroïne, prisonnière des chaussons ensorcelés, danse à en mourir.
![]() |
" On a laissé bien peu de temps
à Brian pour composer les thèmes de ballet des Red
Shoes. Nous étions extrêmement pressés. Il n'a eu
qu'une semaine pour créer les thèmes principaux. Nous
lui avons raconté l'intrigue et avons discuté les
grandes lignes du ballet. On a retenu 17 minutes 1/2 sur
les 20 minutes écrites. Il nous jouait ce qu'il avait
fait, et cela collait tellement bien que nous n'avions
rien à dire. " (Michael Powell) " The Red Shoes n'est pas un de mes films favoris. Tout le monde n'est pas de mon avis. Par exemple, aux Etats-Unis, une jeune femme est en train d'écrire un livre sur le tournage de The Red Shoes et elle en sait à ce sujet plus que Michael et moi ! " (Emeric Pressburger) |
| " Aux Etats-Unis, The Red
Shoes a acquis un statut mythique. le film a
coïncidé avec un engouement extraordinaire pour la
danse et le ballet là-bas. Nous sommes arrivés au bon
moment et les choses n'ont fait que s'amplifier. Ce n'est
pas la danse que l'on doit montrer, c'est l'émotion que
l'on doit transmettre, la relation immédiate entre vous
et l'artiste à travers la danse. Pour moi, la danse fait
partie du cinéma, cela a toujours été. Les films muets
étaient tout mouvement et musique. Certains d'ailleurs
comportaient des partitions spécifiques. Photographier ce qui se déroule dans un ballet, c'est merveilleux, mais photographier une danseuse comme si c'était un chameau, à la bonne distance, ça ne va pas. C'est l'émotion qui compte. " (Michael Powell) " Powell et Pressburger comprenaient le rôle de la musique dans un film. Auparavant, j'avais travaillé sur des documentaires, jamais sur des films racontant une histoire et mettant en jeu des sentiments. J'avais écrit quelques opéras et m'étais intéressé au théâtre. Et j'ai rencontré deux personnes qui allaient à l'opéra, qui avaient une idée sur la façon dont un musicien pouvait raconter une histoire. Ils étaient capables d'écouter, de faire preuve de compréhension et de sens critique. Ils savaient me dire quand je me trompais : de là est née la collaboration. Auparavant, j'étais habitué à arriver à la fin du film, après le montage, et il me restait à mettre la musique. Dans les Red Shoes j'ai aussi utilisé une musique déjà écrite, The Hoart of Fire, composée pour un ballet que j'espérais voir réalisé un jour. Son sujet était la légende du Phénix : c'était assez riche pour que je puisse m'en servir. " (Brian Easdale) "Albert Basserman, l'interprète du décorateur dans The Red Shoes, était un grand acteur allemand et aussi une grande personnalité du théâtre européen. Et quel physique ! Immense, avec des membres démesurés, tous les mots qui sortaient de sa bouche étaient des étincelles. D'après ce qu'on m'a dit, il fut 1'un des meilleurs Benedick allemands dans Much Ado About Nothing. L'idée, avec l'équipe des Red Shoes : Messine, Basserman et Esmond Knight, c'était d'avoir les plus grandes personnalités possibles pour chaque rôle, et en contraste avec les autres. Pour le décorateur, puisque j'avais presque toujours des décorateurs allemands, Alfred Junge ou Hein Heckroth, je voulais avoir un Allemand. J'adore le théâtre allemand, surtout les décors et les costumes, il y a toujours de nouvelles idées, de bonnes idées. Et c'était inespéré pour moi d'avoir Massine dans le rôle du chorégraphe. Dans chacun de ses pas, de ses mouvements, il y a de la dynamique. Ces acteurs n'avaient pas grand chose à faire ni à dire, leur présence suffisait. Après avoir quitté l'Allemagne, Basserman a joué de grands rôles en Amérique, c'est pourquoi il parlait si bien l'anglais. Sa femme était actrice aussi, terrible ! Elle était une légende en Allemagne : tout le monde tremblait devant elle. Elle était là, à Pinewood, quand nous avons fait le film. Elle a essayé de pénétrer sur le plateau, je l'ai chassée. Cela a fait un scandale, elle m'a écrit une lettre, Basserman m'a fait un discours : " Vous avez insulté ma femme ! " " Oui, et si elle vient encore, je vais l'insulter encore ! " Walbrook avait une grande admiration pour Basserman, et pourtant Walbrook était viennois ! J'ai travaillé avec des gens de tous les pays pour moi, le cinéma, c'est le vrai art international. C'est pourquoi je n'aime pas les Américains quand ils veulent tout américaniser. " (Michael Powell) |
![]() |
Retour filmographie "One of the most beloved films of all time" (Ian Christie), and the ballet film par excellence, Powell and Pressburger's ravishing, rapturous The Red Shoes was recently selected by Martin Scorsese as one of the five greatest films ever made (with 8 1/2, Citizen Kane, The Leopard, and The Searchers). Moira Shearer, in a remarkable screen debut, is Victoria Page, an up- and-coming dancer newly taken on by asuccessful ballet company. Anton Walbrook is Lermontov, the company's demanding, manipulative impresario (modelled on Serge Diaghilev), whose ruthless your-art-is-your-life approach to dance imperils Victoria's physical and emotional health. Marius Goring is Julian, the young composer with whom Victoria falls in love. The film is loosely based on the fairy tale of the same name by Hans Christian Andersen; a magical 14-minute ballet sequence directly based on the Andersen tale forms its much-celebrated centre piece. Jack Cardiff (Black Narcissus) provided the dazzling Technicolor cinematography. The Red Shoes won 1948 Oscars for Best Art Direction and Best Score, was a nominee in the Best Picture and Best Story categories, and is said to have "launched a thousand hopeful dance careers" (Christie). "It affects some people passionately, and it's undeniably some kind of classic" (Pauline Kael). "In texture, it's like nothing the British cinema had ever seen: a rhapsody of colour expressionism, reaching delirious heights in the ballet scenes" (Tony Rayns) |