BLUEBEARDS CASTLE.
Grande-Bretagne/Allemagne. Réal. : Michael Powell. Cie de prod. Norman Foster Productions/Süddeutscher Rundfunk. Prod. Norman Foster. Scén./Mus. : Opéra de Bals Bartok: Bluebeards Castle. Livret : Bela Balazs (1911). Photo : Hannes Staudinger. Coul. : Technicolor. Décors : Hein Hockroth.
Int. : Norman Foster (Bluebeard), Anna Raquel Satre (Judit).
Durée : 60 mn. Inédit en Grande-Bretagne. (Le film suit fidèlement le livret de Bela Balazs.)
Judith, la nouvelle épouse de Barbe Bleue, explore le château de son seigneur et maître. Malgré sa frayeur, elle veut aider et consoler son époux, sur qui semble peser une malédiction. Visite du lieu et ouverture des sept portes, aux décors et aux ambiances de plus en plus sinistres. Du sang, des ténèbres et des larmes. Malgré tout, Judith est intronisée quatrième épouse. "Désormais, plus rien que l'ombre, l'ombre, l'ombre. "
" Un triptyque était prévu. C'était le projet de Norman Foster, un chanteur d'opéra américain qui avait obtenu un contrat de la télévision de Stuttgart pour faire un film-opéra d'une heure. Après nos films, Hein Heckroth était retourné en Allemagne et travaillait comme chef dessinateur au Frankfurt Theatre. Foster a demandé à Hein sa collaboration et Hein m'a réclamé pour la mise en scène. Ajoutez Hannes Staudinger et son opérateur pour la photographie en couleur, voilà l'équipe. J'ai lu la musique et le texte, j'ai tout de suite écrit un scénario qui fut accepté. On s'est donné rendez-vous à Salzbourg dans un nouveau petit studio pas encore achevé. On enregistra le son à Zagreb. Très bien. Foster a trouvé sa partenaire Anna Raquel Sartre (nous l'appelions Mimi) et j'ai vu tout de suite qu'elle était d'une rare sensibilité. On a tourné le film en huit jours. Il n'y avait pas de décors : quatre murs roulants et beaucoup de sculptures en plastique. Six étudiants de Francfort nous ont aidés à les faire et à les changer de place. C'était beau ! Tout était prêt quand j'ai demandé le lit. Hein était fou ! Personne ne lui avait parlé de lit ! J'ai dit : "Mais mon vieux, comment tourner BarbeBleue sans lit ? C'est le principal ! " Il m'a trouvé un lit.
Je voulais tirer un film du ballet The Miracalous Mandarine (45 minutes). Et aussi un petit film sur les difficultés de Bartok aux U.S.A. où il aurait crevé de faim si le chef d'orchestre Koussevitzky ne l'avait secouru. Avec ces deux courts métrages on aurait eu un programme sur Bartok de deux heures. Mais Foster a disparu et cela n'a jamais été achevé. " (Michael Powell