BLACK NARCISSUS (Le Narcisse noir)

Grande-Bretagne. Réal./Prod./Scén.: Michael Powell, Emeric Pressburger d'après le roman de Rumer Goddon. Cie de prod. : The Archers. Prod. assoc.: George R. Busby. Réal. asst.: Sydney Streeter. Photo: Jack Cardiff. Coul.: Technicolor. Opér. cam.: Ted Scaffe. Mont. : Reginald Mille. Dir. art.: Alfred Junge. Cost.: Hein Heckroth. Mus.: Brian Eudale (enregistrée par le London Symphony Orchestra sous se direction). Son : Stanley Lambourne.

Int. : Deborah Kerr (Soeur Clodegh), Sabu (général Dilip Rai), David Ferrer (M. Dean), Flore Robson (Sœur Philippa), Esmond Knight (général Toda Rai), Kathleen Byron (Sœur Ruth), Jenny Laird (Soeur Honey), Judith Fume (Sœeur Briony), May Hellen (Angu Ayah), Shaun Noble (Con), Eddle Whaley Jr (Joseph Anthony), Nancy Roberts (Mère Dorothea), Jean Simmons (Kanchi).

Durée: 100 mn. prés. : 22 avril. Sort. GB : 26 mal. Dist. GB

GDF. Sort. US: décembre. Dist. US: Universel. Oscar 1948 US : meilleur film en couleurs. Sort. France : juillet 1948.

Des religieuses installent dans une région reculée de l'Himalaya une école et un dispensaire. Bien vite, malgré l'aide du seigneur local et de Mr Dean, l'agent britannique, apparaissent des difficultés d'adaptation, des tensions dans le groupe, des refoulements et des névroses. Le vent, la nature, les indigènes, la présence troublante d'une religion concurrente font naître un drame et obligent les religieuses à quitter les lieux.

 

. "Lorsque nous avons fait Le Narcisse noir, j'ai dit : "Oh, je ne veux pas aller aux Indes ! " Et tout le monde était très étonné parce qu'il y avait l'argent de Rank et c'était très possible d'y aller. Je ne voulais pas faire ça, parce qu'avec les intérieurs et les extérieurs, on aurait eu deux styles. Naturellement, ce n'est pas tout à fait vrai. C'est possible de faire des extérieurs avec des doublures, et de filmer des raccords qui sont parfaits. Mais je ne voulais pas faire ce genre de film... Je voulais inventer une Inde à moi..." (Michael Powell)

" S'il y a un rapprochement à faire entre Le Fleuve de Jean Renoir et Black Narcissus, c'est peut-être parce qu'ils sont adaptés du même auteur : Rumer Godden. Elle a tant aimé la philosophie de l'Inde, écrit tant de livres sur ce sujet.

Je crois que j'ai bien compris ce livre, j'en aimais, beaucoup le thème. Je l'ai lu pendant la guerre, plusieurs années avant de le tourner et j'ai été très impressionné. Seulement ce n'était pas un film à faire pendant la guerre. J'ai eu très envie de le réaliser parce que j'aime la vie solitaire, vivre près de grandes montagnes. C'est le vent, le silence et la grandeur qui les chassent, ces nonnes affairées.

Le sage était interprété par un vieil Indien qui est mort tout de suite après le tournage. Il représentait un peu les traditions religieuses profondes. J'avais toujours voulu faire un film sur les légendes sacrées et les gestes de l'Inde. " (Michael Powell)

"Dans Black Narcissus, Michael Powell a suggéré que j'écrive la danse de Jean Simmons : on a enregistré la musique d'abord et tourné ensuite. De même lorsque Sister Ruth va rejoindre Mr Dean (David Farrar). " (Brian Easdale)

"Black Narcissus est devenu un classique mineur. On a peine à croire, même aujourd'hui, qu'il a été entièrement réalisé en studio, à Pinswood, pendant la guerre. " (Deborah Kerr)

" Michael Powell est sans doute le metteur en scène le plus captivant et le plus enthousiaste que je connaisse, mais ce n'était pas facile de travailler avec lui. Il ne fallait pas s'attendre à une journée de douceur et de clarté, mais à du sang, à des larmes et à de la sueur.

Il pouvait se montrer tour à tour encourageant, gentil, sensible à tous les problèmes, impatient devant la moindre erreur, sarcastique à faire froid dans le dos ou délibérément destructeur. Maintenant, je comprends qu'il utilisait en toute conscience n'importe quel moyen pour arriver à ses fins.

Si un acteur célèbre venait, plein de confiance en lui, faire son numéro habituel, il déchantait bien vite, et se retrouvait à faire quelque chose de totalement différent dans la minute qui suivait. Je crois que, quand Michael donnait un rôle à quelqu'un, il lui demeurait absolument loyal et savait l'écouter. Si bien qu'on aurait tenté n'importe quoi ! Il ne s'opposait jamais aux expériences, et au contraire encourageait toujours les innovations. Il n'imposait jamais sa volonté, et n'insistait pas pour obtenir quelque inflexion ou émotion particulières, mais il ne laissait jamais passer un texte tant qu'il n'était pas convaincu que c'était la façon correcte de le jouer.
J'avais très peu d'expérience en tant qu'actrice quand j'ai interprété, dans Black Narcissus, le rôle de Sister Ruth, mais je savais intellectuellement et instinctivement ce que le voulais en faire. J'étais aussi assez jeune pour avoir toute confiance en moi-même, être prête à tout affronter, heureusement d'ailleurs, car nous avons eu de terribles conflits à propos de mon interprétation. Je me plaisais à discuter, je m'enflammais, et chaque fois que mes théories se vérifiaient, Michael Powell était le premier à le reconnaître et à m'en savoir gré.

Tout le monde cherchait à travailler avec lui, à cause de son approche originale et brillante du cinéma. On en sortait peut-être légèrement meurtri, mais je ne connais personne qui ait regretté l'expérience. Je me souviens de son énergie sans limite, de sa capacité de travail, et de sa connaissance approfondie de l'industrie du film sous tous ses aspects. " (Kathleen Byron)

" Comme tous deux étaient allemands, Junge connaissait Heckroth, peintre et décorateur de théâtre. Il le savait extrêmement compétent, très bon peintre et doté d'un grand sens pratique. Dès que nous avons commencé à faire ces films ambitieux, il avait Hein dans son équipe, avec d'autres très bons Partisans. Hein avait beaucoup travaillé pour A Matter of life and Death : il faisait partie du personnel de Junge si bien que je n'ai pas eu l'occasion de le rencontrer. J'ai pu apercevoir sa silhouette corpulente, tendre nerveusement des esquisses à Junge qui me les passait ensuite. C'est tout. Petit à petit, je me suis rendu compte qu'il y avait un dénommé Hein Heckroth sur Black Narcissus, car il faisait la plupart des costumes - certains excellents - avec des étoffes très simples. Il fit tous ceux des indigènes avec de la toile à matelas, ou tout ce qu'il pouvait récupérer; on était à court de tout en ce temps-là, l'immédiate après guerre. " (Michael Powell)

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A sumptuous stunner of studio-set style and seething, repressed sexuality, the erotic, exotic black Narcissus is one of the great triumphs of the British cinema, and one of the great masterpieces in the Powell and Pressburger canon. Five Anglican nuns attempt to establish a mission in a one-time bordello in the remote Himalayas, but find their faith sorely tested by climate, culture clash, and carnal passion.

The superb cast is headed by Deborah Kerr as Sister Clodagh, the virtuous Mother Superior; David Farrar as Mr. Dean, a cynical, sensual British agent; Sabu as Dilip Rai, the local Indian potentate, who wears British-bought "Black Narcissus" perfume; and Kathleen Byron as half-mad Sister Ruth, unhinged by her desire for Mr. Dean. The film's flesh- versus-spirit battle unfolds in a deliriously designed, studio- set India that recalls the lavish stylizations of Josef von Sternberg's 1930s films with Marlene Dietrich; Black Narcissus won much-deserved 1947 Oscars for its amazing colour cinematography (by Jack Cardiff) and breathtaking set decoration (by Alfred Junge), and was recently hailed as "one of the last masterpieces of studio-based art direction" (Elliot Stein, Village Voice). "One of the most visually beautiful films ever made. . . from one of the great collaborative teams in the history of cinema" (James Monaco). "Picturesque, fevered and half-crazy. . . as if the film had been made by a hysterically abstinent nun" (David Thomson).

"One of Britain's greatest cinematic masterpieces, a marvellous evocation of hysteria and repression, and. . .one of the few genuinely erotic films ever to emerge from these sexually staid isles" (Geoff Andrew, Time Out).

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